On connaissait l'offshoring (délocalisation en français), le reshoring (la relocalisation) et voici le Leanshoring. Ce dernier se définit, selon ses promoteurs, comme une relocalisation dans un esprit Lean.
Petits rappels :
- Le Lean est une philosophie dont l’objectif est simple : créer davantage de valeur pour le client en utilisant les ressources strictement nécessaires.
- Parmi les gaspillages (qui se définissent comme tout ce qui consomme des ressources sans apporter de valeur au produit), les plus impactants sont les stocks inutiles et les attentes.
- Dans un flux de valeur parfait, tout ce que les clients désirent serait toujours disponible à délai (très) court, de qualité irréprochable et au juste prix.
Les éléments relatifs au Leanshoring ont été compilés par NotebookLM (une intelligence artificielle), sur la base de 20 sources traitant de ce sujet, du Lean et de la relocalisation. Je développe le sujet avec mon propre point de vue.
Les problèmes de l'Offshoring (délocalisation)
Pendant des décennies, les entreprises ont cherché à réduire leurs coûts et maximiser leurs profits en faisant fabriquer là où la main-d'œuvre est la moins chère, où les contraintes réglementaires et normatives sont moins contraignantes, souvent à l'autre bout du monde. Note : Dans certains cas, la délocalisation était également indispensable pour pénétrer de nouveaux marchés. Cette recherche de rentabilité s’est faite au prix de chaînes d'approvisionnement très longues, rigides, lentes et... très vulnérables. Mais également au prix de la désindustrialisation locale, à la dépendance croissante aux approvisionnements lointains, pour ne citer que ces quelques désavantages et risques. Par ailleurs, le bien-fondé du raisonnement économique, basé sur un coût d’achat unitaire plus avantageux, est critiqué par celles et ceux qui rappellent qu’il faut raisonner en coût complet, en incluant les coûts d’expédition, de stockage, le coût de la non-qualité, entre autres.
Le Leanshoring : Produire localement, mais intelligemment
Le Leanshoring est un concept qui, selon ses promoteurs, combine deux idées : la proximité géographique et les principes du Lean. Au lieu de simplement ramener la production au pays (le «reshoring»), le Leanshoring consiste à évaluer s'il est économiquement plus rentable de produire localement en utilisant le Lean pour éliminer les gaspillages qui rendaient la production locale trop coûteuse auparavant. Pour cela, le Leanshoring utilise l’analyse du coût total d'exécution (exécution étant ici la meilleure traduction de “fulfillment’, plutôt qu’accomplissement) pour démontrer rationnellement que produire localement est souvent plus rentable (20 à 30 % par rapport aux calculs initiaux erronés) quand on prend tout en compte. Il faut ensuite réinventer les processus adéquats pour une exécution efficiente et Lean locale.
Les avantages vantés du Leanshoring
En pratiquant le Leanshoring, une entreprise peut gagner :
- En réactivité : avec une chaîne logistique plus courte, on réduit les 8 semaines d'acheminement typiques pour un produit venant d'Asie. Or le délai court peut être un élément de différenciation fort, pour séduire les client prêts à payer un supplément plus obtenir satisfaction (très) rapidement. Un autre aspect de réactivité est la modification produit, pour évolution, correction, ou pour suivre la mode. Des modifications impossibles pour les produits en transit et souvent difficiles et peu souhaitables pour les productions lancées longtemps à l’avance, sur prévisions.
- En stocks : notamment pour couvrir les délais d’approvisionnement
- En résilience : En cas de crise mondiale (comme une pandémie), une chaîne d'approvisionnement courte, locale et Lean est beaucoup moins fragile.
En quoi est-ce différent du reshoring ?
Je ne vois pas de différences fondamentales entre une relocalisation bien conduite, sur des bases rationnelles et le Leanshoring. En effet, pour qu’une relocalisation fasse sens, il faut adresser les différents points mis en avant, idéalement avec Lean et même la Théorie des Contraintes en tête. Par ailleurs, les sources explorées par NotebookLM ne semblent pas pointer le reengineering des produits eux-mêmes, probablement indispensables pour nombre d’entre eux. Ceci afin qu’ils soient :
- simplifiés, optimisés aptes à être produits dans nos entreprises (Design for Manufacturing and Assembly, DFMA),
- assemblés en grande partie de manière automatisée,
- avec des processus de production conformes aux exigences réglementaires et normatives.
A propos du Leanshoring, je penche pour une tentative de diversification de certains acteurs du conseil et de la formation (menacés par l’intelligence artificielle ?) et de trouver de nouveaux thèmes afin de réactualiser leurs offres.
Je vous invite à suivre le débat que NotebookLM a organisé sur le thème du Leanshoring, entre deux intervenants virtuels. N’hésitez pas à partager vos réflexions et points de vue sur la question !
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