Christian HOHMANN

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Comment un bon raisonnement logique améliore les diagrammes en arrêtes de poisson

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Les diagrammes en arrêtes de poisson sont connus sous différents noms ; diagramme d’Ishikawa, diagramme causes-effet, 5M entre autres. Les diagrammes en arrêtes de poisson sont populaires dans les ateliers car ils sont simples à comprendre et visuels.

Un diagramme en arrêtes de poisson est utilisé pour lister toutes les causes possible pouvant entraîner ou influencer un effet (généralement un problème à résoudre) et les classer par “familles” en fonction de caractéristiques communes. ces familles constituent les arrêtes principales du “poisson”.

Cet article a été écrit originellement en anglais. pour lire sa version originale, cliquez le lien : How sound logical thinking improves fishbone diagrams

Pour démarrer un diagramme en arrêtes de poisson, il est courant de dessiner un triangle figurant la tête du poisson et contenant l’effet à analyser ou le problème à résoudre. Une ligne horizontale figure la colonne vertébrale de laquelle partent les arrêtes. Pour ces dernières on utilise les fameux “5M”, qui sont les initiales de Main d’oeuvre, Machine, Matière, Méthode et Milieu. Les 5M sont des familles de causes génériques et fréquentes, elles sont rappelées à l’extrémité de chaque arrête correspondante.

 Notez qu’un diagramme en arrêtes de poisson ne doit pas être limité à ces cinq arrêtes et ces 5M, il n’est même pas obligatoire d’utiliser les 5Ms, ce sont simplement des mnémotechniques pratiques.

Un diagramme en arrêtes de poisson est un excellent support pour une exercice de brainstorming et pour le tri et le regroupement des idées. Les différentes arrêtes sont des points d’entrée pour la recherche de cause tout comme des réceptacles pour grouper les propositions qui relèvent de cette famille de causes.

Trop souvent je vois des diagramme en arrêtes de poisson encombrés de listes de causes potentielles qui n’ont pas de grande probabilités de mener à l’effet étudié, ni même de l’influencer.

 Et c’est peut-être là que le nom simplificateur de “diagramme en arrêtes de poisson” est trompeur ; on en oublie sa finalité qui est d’étudier les relations de causes-à-effet.

Une vraie relation de causes-à-effet devrait correspondre à la phrase répondre à la phrase “si [cause] alors [effet]”. Si la proposition ne fait pas de sens, la relation de causes-à-effet est sujette à caution.

Une variante pourrait être “si [cause] alors [effet] car [justification]”

Christian HOHMANN

Exemple

Le problème à résoudre est la coupure intempestive d’un disjoncteur protégeant un moteur de convoyeur à bande contre les surcharges. La proposition de cause “pluie” ne peut pas être retenue comme valide telle quelle, car “si il pleut alors le disjoncteur saute” ne fait pas de sens.

Il faut considérer de reformuler la proposition et probablement la segmenter. La personne pensant à la pluie pense à la surcharge de poids qu'entraîne la pluie en mouillant la matière transportée. La proposition modifiée : “s’il pleut alors la matière est alourdie et si la matière est alourdie alors le convoyeur nécessite plus de puissance, ce qui déclenche le disjoncteur”.

Il est courant que les personnes qui proposent une relation de cause à effet “sautent” plusieurs étapes logiques du raisonnement dans un soucis de concision. Or nous avons vu que cette concision est très souvent préjudiciable quelques temps après.

Améliorer l’analyse causes-effet

Lorsque l’on utilise un diagramme causes-effet, celui-ci peut être amélioré de deux façons :

  1. en demandant aux participants d'émettre des idées répondant à la relation logique de cause à effet, ce qui est une forme “contrainte” d’un brainstorming
  2. après un brainstorming sans censure, lors de la collecte des propositions celles-ci sont vérifiées à l’aide de la phrase “si [cause] alors [effet] car [justification]” avant de trouver leur chemin vers le diagramme, ou d’en être exclues

Un bénéfice additionnel de l’utilisation de la phrase “si [cause] alors [effet] car [justification]” est l’amélioration des propositions elles-mêmes. Trop souvent d’anciens diagrammes causes-effet sont indéchiffrables à cause de la formulation trop concise, insuffisamment explicite des propositions. Ce qui faisait du sens pour les auteurs et participants au moment de la rédaction est incompréhensible quelques temps après.

Utiliser des phrases courtes mais explicites et basée sur la logique “si [cause] alors [effet] car [justification]” assure que n’importe qui doit être capable de lire le diagramme, même si cette personne n’a pas participé à sa construction.

Un dernier avertissement

Un diagramme causes-effet répondant aux exigences de la logique ne garantit pas que les causes énumérées existent réellement. Au stade de la recherche possible de causes, ce ne sont que des hypothèses. Pour cette raison il est impératif d’aller voir sur le terrain si les causes pressenties sont réelles. Dans une entreprise sensibilisée au Lean, on dirait aller vérifier sur le gemba !


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Mise à jour le Lundi, 04 Janvier 2016 10:01