Christian HOHMANN

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Quatre façons (combinables) de tuer une idée

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Les promoteurs et agents du changement se trouvent fréquemment confrontés à des opposants qui usent toutes les astuces pour saborder leurs efforts. Connaitre ces façons de tuer une idée permet de les contrer.

Ces quatre façons sont listées dans le livre "adjugé!" de John Kotter.
Les commentaires n'engagent que l'auteur de ce billet.


Quatre façons (combinables) de tuer une idée

1. Jouer sur la peur

Cela consiste à partir d’un fait indéniable et transposer le risque potentiel ou vécu avec un raisonnement spécieux au projet envisagé. Le rappel de difficultés ou de risques vécus ou évités de justesse, fréquemment renforcé par le recours à des mots ou expressions connotés négativement, est fortement anxiogène.

Les neurosciences expliquent que notre cerveau le plus primitif, le cerveau limbique ou reptilien, perçoit une menace et déclenche de manière réflexe une position de défense ou de fuite. Ce cerveau rudimentaire est néanmoins préemptif et déclenche des réactions avant que le néocortex (le cerveau le plus évolué) puisse rationnellement traiter les données. Il est très difficile de ramener la raison à dominer la peur déclenchée.

2. Ajourner, multiplier les retards, jouer la montre et rater les délais

La stratégie consiste à perdre du temps, notamment par des propositions ou des suggestions logiques, qui semblent pertinentes, voire sages mais qui visent à divertir et retarder. Ceci ce fait en multipliant les réunions, par le recours à des votes, des ajournement de séances, la création de commission(s).

Prétexter la saturation, l'excès de charge de travail et demander des reports ou l'attente d'une période plus favorable fait partie de l'arsenal du retardement.

Cette stratégie est redoutable lorsque le projet est soumis à une date butoir particulière, comme la présentation d'un dossier à une commission, la réponse à un appel d'offre, etc.

3. Semer la confusion

Cette stratégie vise à perdre le public par des extrapolations et des raisonnement spécieux, l'émission d'hypothèses plus ou moins crédibles, ou l'invocation d'un parallèle avec une affaire prétendument similaire - que personne ne connait - ou un projet imaginaire, arriver à la conclusion que dossier présenté est insuffisamment travaillé.

Si la confusion est semée, cela peut entrainer la peur d'une partie du public et ouvre la possibilité de demander des compléments, des reports de séances, etc. pour jouer la montre.

4. Ridiculiser, discréditer le porteur de projet

Le but est de mettre en doute la compétence ou l’expertise, le professionnalisme, le sérieux, l’éthique ou l’adhésion aux valeurs du porteur de projet.

Cela peut se faire en essayant de le coincer sur un point de détail, le désarçonner par des questions très précises ou nombreuses, contester les réponses ou les faire apparaitre comme faibles ou inappropriées.




Attention à l'effet boomerang!

Si ces stratégies sont potentiellement redoutables, elles le sont à double titre car toute attaque peut se retourner contre son auteur. Les connaitre c'est se donner les moyens de les contrer et les annihiler.

Soit cela se termine par un match nul, soit l'attaque se retourne contre son auteur.


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Mise à jour le Vendredi, 10 Octobre 2014 14:10