Christian HOHMANN

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Avril 2014

Ma stratégie d’internationalisation personnelle au travers de mon blog exclusivement en anglais ne m’a permis de poster que 11 articles en français sur ce site contre 27 en anglais sur le blog au mois de mars 2014 et mis en retard pour produire cet édito.

Au rayon des nouvelles parutions de mars, l’étude de cas Alpha. Elle est inspirée d’un cas réel et dans le premier épisode montre l’utilisation d’un Current Reality Tree (CRT) ou "Arbre de la Réalité Courante" pour démontrer les liens de causes à effets entre des effets indésirables ressentis et mesurables et la cause racine qui leur donne naissance. Le CRT est un des outils des Thinking Processes, eux-mêmes sous-ensemble de la trop peu connue Théorie des Contraintes.

Certains auteurs francisent le nom des outils et méthodes, je préfère quant à moi utiliser les termes les plus utilisés et favoriser la compréhension et l’échange avec le plus grand nombre. Juugad justement a de grandes chances de s’imposer plutôt qu’innovation frugale. Robolution a le bon goût d’être devinable en français comme en anglais et d’autres langues encore.

TRS (Taux de Rendement Synthétique) est un dilemme. En France cet indicateur est largement connu sous sa forme francisée alors que c’est OEE (Overall Equipment Effectiveness) en anglais et donc à l’international. Essayer une traduction littérale du type Rate of Synthetic Yield vous assurera la perplexité de vos interlocuteurs et une bonne rigolade le soir au bar.

Cela me rappelle ce collègue qui au Japon voulait faire la conversation avec une charmante nippone et lui demandais sans succès « do you eat eguess ? ». Il a dû nous le dire en français pour que nous-mêmes comprenions que les mystérieux eguess en question étaient des eggs (des œufs). L’expression lui a collé des années. Marc, si tu me lis…

Si le TRS est connu, combien de points de TRS représentent 10 minutes de perdues est peu souvent calculé. Pourtant, combien de petits bouts de quelques minutes sont perdus au fil d’une journée ?

Le Goal Tree est également un outil des Thinking Processes, dont j’explique les différents usages, notamment pour contrecarrer la résistance au changement. Notez que sur mon blog en anglais le nombre d’articles postés à ce sujet est (pour l’instant) plus important.

L’analyse stratégique par les cinq forces de Michael Porter de l’innovation de rupture que représente l’impression 3D est également un article apprécié, mais qui a suscité bien moins de curiosité que le parallèle des principes du jeu Candy Crush et du management.

Au rayon vidéo est paru le principe du tableau de marche.

Finalement, pour m’encourager à alimenter ce site en publications françaises, je vous invite à le faire connaitre sur vos réseaux sociaux favoris.


 

Mars 2014

Du premier jour de l’année 2014 au premier jour du mois de mars, 20.007 visiteurs ont accumulé 27.989 visites sur ce site pour y consulter 89.196 pages.

Avec une durée moyenne de 3 minutes et 44 secondes par page, cela représente 5.550 heures de lecture ou l’équivalent de 231 jours.

Si ces chiffres sont sans commune mesure les ordres de grandeur de big data, ils n’en sont pas moins illustratifs de sa mécanique : le foisonnement de données de toutes natures généré par une myriade de petites actions. Vous par exemple qui lisez ces lignes participez nécessairement à l’alimentation des statistiques de visite de ce site, ce pourquoi je vous remercie.

Si big data ne vous évoque pas grand-chose, vous trouverez une introduction au sujet en >cliquant ici< ou parmi les autres mots nouveaux du futur proche ou encore dans la rubrique transformation digitale.

Mes fidèles lectrices et mes lecteurs assidus se demanderont pourquoi cette inflexion prospective dans mes publications depuis quelques mois ?

C’est que les technologies nous préparent des transformations, des révolutions que le grand public n’appréhende pas nécessairement. Ce sont des changements à venir dont la plupart tiendront plus de la rupture que de la simple évolution. Les impacts seront formidablement positifs dans bien des cas et potentiellement terribles dans d’autres.

Bah ! se diront les optimistes, des évolutions technologiques il y en a depuis que la femme est femme / l’homme est homme et l’humanité s’est adaptée et y a gagné.

Certes, mais l’intensité des changements à venir et le rythme de leur succession seront inédits. Combien d’humains confortables dans leur quotidien actuel s’adapteront à la vitesse requise ?

Par ailleurs, sachant que lorsque l'on évoque la résistance au changement on évoque les difficultés du management à faire accepter des changements somme toute mineurs - toutes proportions gardées – à des situations habituelles. Qu'en sera-t-il demain lorsqu'il faudra manager les inévitables ruptures annoncées ou prévisibles ?

Loin de moi l’idée de répandre panique et pessimisme. Je reste convaincu que le futur qui se prépare est désirable, simplement il le sera d’autant plus à toutes celles et ceux qui l’auront anticipé.

En attendant, pour retrouver rapidement et facilement vos dossiers, vous pouvez utiliser une technique rustique, éprouvée, low-tech, j’ai nommé le trait en travers des classeurs !



 

Février 2014

La désindustrialisation est une réalité dans les vieilles économies depuis près des décennies. Le problème est (enfin) pris au sérieux au niveau national et Européen. Des programmes visent à réinventer une industrie apte à produire de la valeur en intégrant les contraintes et réalités telles que la démographie, la place des individus, le respect de l’environnement, etc.

Ces usines du futur, telles qu’elles sont imaginées aujourd’hui, seront plus "intelligentes" grâce aux technologies digitales, à une automatisation plus poussée et à l’intégration de robots collaboratifs, les cobots.

Ces changements sont enthousiasmants, motivants mais également troublants.

Ces usines ne seront plus, comme celles du siècle passé, d’énormes structures et de grands employeurs. La nature même de l’emploi proposé sera différente.

Préparer ce futur fait appel à l’analyse prospective, mais également à une rétrospective par laquelle on vérifie quels enseignements de l’expérience passée sont utiles dans le futur.

A ce titre, les retours d’expériences avec Lean, la Théorie des Contraintes et Six Sigma sont de précieux éclairages pour éviter de reproduire des erreurs et maladresses du passé.

Les ruptures qui s’annoncent trouveront avantage à être préparées, si cela est possible, par le management du changement.



 

Janvier 2014

Le mois de janvier tient son nom du dieu romain Janus au double visage. Capable de voir le passé comme l’avenir, c’est le dieu des commencements et des fins, des choix, des clés et des portes. Dieu des transitions et des passages du passé à l'avenir, d'un état à l'autre, d'une vision à une autre.

La perception de l’avenir les humains aussi peuvent s’en doter, au travers de la prospective qui est l’analyse les données et éléments du présent, l’élaboration des scénarios possibles pour étudier l'évolution des sociétés dans un avenir prévisible.

Le futur proche sera technologique, connecté. Des objets familiers que l’on pensait inertes et passifs se mettront à communiquer et seront connectés à l’Internet des objets. Ils pourront communiquer avec leur propriétaire, mais également entre eux, pour collaborer. Leurs fonctionnalités limitées jusque-là vont s’étendre.

Un thermostat de radiateur, qui ne pouvait que maintenir la température de consigne qu’on lui avait fixé, va mettre les données qu’il capte en commun avec celles du climatiseur et des capteurs des stores et des volets, avec celles de la chaine météo. Ensemble, tous ces objets vont coordonner leurs actions pour fournir le confort thermique optimal avec la moindre dépense énergétique et s’adapter dynamiquement aux changements.

Le bijou fonctionnel collectera à longueur de temps des données sur la vie de son porteur (lifelogging) et des conseils santé personnalisés apparaitront sur l’écran du téléviseur ou du smartphone.

Là où les solutions techniques deviennent question philosophique, c’est que chaque objet sera connu individuellement au travers de son adresse IP (Internet Protocole). Il sera un individu au sens statistique (pour commencer) du terme, parmi les 50 milliards d’autres objets connectés que l’on attend dans le futur proche.

Des mots nouveaux de ce futur proche apparaissent déjà. On craint le Big Brother décrit dans le roman 1984 de Georges Orwell, mais pense-t-on à la Novlangue décrite dans le même ouvrage et qui elle aussi devient réalité ?

Ces changements à venir font partie de la transformation digitale qui affectera notre quotidien, dans le privé comme au travail. Certains changements seront bienvenus, d’autres redoutés. Les citoyens comme les entreprises doivent s’adapter à cette transformation qui est déjà en cours.

Ce futur désirable ou effrayant ne doit pas nous détourner des expériences accumulées par le passé, les bonnes pratiques (5S, Lean, Six Sigma, ToC…) et la somme des connaissances utiles, maintenant et dans ce futur proche.

Janus regarde également le passé, probablement parce qu’il sait que les individus sans mémoire sont condamnés à refaire les mêmes erreurs.



   



 

Décembre 2013

En ce mois de décembre 2013, la plupart des responsables et décideurs doivent se demander comment aborder l'année 2014 et oublier celle qui s'achève. Hélas, le passage à l'année nouvelle n'a rien de magique et le salut des entreprises ne viendra pas du seul changement d'année.

Le seul compteur qui se remette à zéro le 31 décembre à minuit et celui comptant les jours de l'année nouvelle. Le reste de l'histoire s'écrit sur une nouvelle page d'un vieux cahier.

Le salut ne viendra pas des politiciens, pas plus que des partenaires commerciaux, trop heureux des déboires des concurrents. Le salut viendra de chaque entreprise elle-même. Chacune d'elle doit intégrer les contraintes qui pèse sur elle et sur lesquelles elle n'a aucune prise. Rien ne sert de s'en plaindre, elles sont là et il faut faire avec.

Il faut reconnaitre que ce n'est plus guère en améliorant l'existant que le rebond se produira. Ce qu'il faut c'est réinventer l'offre, la manière de la présenter aux clients, de délivrer la valeur qui saura les séduire.

L'heure est à la rupture, la rupture avec des modes de fonctionnement, d'organisation anciens. La rupture avec la gamme de produits et services qui séduisent moins.

Et rien de telle qu'une crise sérieuse pour bousculer les habitudes, faire le pas en avant que le relatif confort du fonctionnement routinier invite à retarder.

La réinvention de l'offre peut procéder de l'application des principes du Lean Management au domaine de la conception et du développement. Une stratégie de rupture, l'exploitation d'avantages concurrentiels sous estimés ou révélés par l'amélioration des performances internes permet de bâtir une offre irrésistible

Pour identifier les percées nécessaires à l'entreprise, les outils d'analyse, de planification et de déploiement qui s'imposent sont le Goal Tree (également appelé Intermediate Objective Map) et Hoshin Kanri. Le premier est lié à la boite à outils de la Théorie des Contraintes, si peu connue en France que ses préceptes pourraient bien à eux seuls fournir des avantages concurrentiels à toute entreprise qui s'y intéresse. Le second est lié au Lean Management. Notez que l'utilisation conjointe et synergétique des principes et outils de la Théorie des Contraintes, du Lean et de Six Sigma est appelée approche TLS. Une autre piste pour outrepasser les limitations de performances, s'affranchir de paradigmes anciens, etc.

Si l'introspection n'offre pas les pistes nécessaires, on peut chercher l'inspiration auprès des fab labs, ces laboratoires de fabrication où l'on peut expérimenter, prototyper, trouver de l'aide, et plus encore. De ces laboratoires sortiront non seulement les produits de demain, mais également les embryons des usines du futur et de l'industrie 4.0.

En attendant de trouver la porte de sortie de votre crise, "faites ce que vous pouvez, avec ce que vous avez, où vous êtes !"

"Do what you can with what you have where you are"
Théodore Roosevelt 26è président des Etats-Unis (1858 - 1919)



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