Christian HOHMANN

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Accueil Théorie des contraintes (ToC) Thinking Processes Categories of Legitimate Reservation

Categories of Legitimate Reservation

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Les Thinking Processes (TP) de la Théorie des Contraintes (ToC) et les outils associés visent l’identification et la “gestion” de la contrainte au travers d’une démarche rigoureuse, scientifique, pour aboutir à une solution efficace et robuste. Les Catégories de Réserves Légitimes (Categories of Legitimate Reservation, CLR) regroupent les mécanismes de contrôle des affirmations et des hypothèses.


Sommaire


Le besoin de CLR

Le terme scientifique évoque le doute permanent, celui qui fait vérifier la validité des affirmations et des hypothèses. Les Catégories de Réserves Légitimes (Categories of Legitimate Reservation, CLR) regroupent les mécanismes de contrôle des affirmations et des hypothèses. Celles-ci sont nécessaires pour plusieurs raisons :

  • la propension à exprimer les entités de manière trop concises, ce qui peut les rendre ambiguës ou incompréhensibles
  • le biais naturel consistant à chercher les preuves qui soutiennent notre affirmation et à ignorer - consciemment ou non, les éléments qui l’affaibliraient
  • la limitation à une analyse causale superficielle
  • les raccourcis
  • les spéculations

De manière générique, tout énoncé de relation de cause à effet doit répondre à trois conditions basiques pour être recevable :

  1. les entités énoncées (causes ou effets) existent
  2. les relations qui lient les entités (causes et effets) existent bien, elles sont validées
  3. les éléments communiqués reflètent bien ce que les parties prenantes souhaitent communiquer (clarté).

Catégories de Réserve

Selon les auteurs, les catégories de réserve sont au nombre de huit :

  1. Clarity, la clarté ou l'expression sans ambiguïtés
  2. Entity Existence, la vraisemblance de l'existence ou de la recevabilité de l'affirmation / hypothèse
  3. Causality Existence
  4. Cause Insufficiency
  5. Addtionnal Cause
  6. Cause-Effect Reversal
  7. Predicted Effect Existence
  8. Tautology


Clarity (condition de clarté)

Les entités (causes et effets) doivent être exprimées sous forme de phrases complètes, afin de lever l'ambiguïté d’une part et pour fixer ce qui est exprimé de manière à le comprendre sans ambiguïté lorsque l’on reprend une analyse ancienne.

L'ambiguïté peut survenir lors de l’interprétation d’un énoncé trop succinct.

Dans son livre, Lisa Scheinkopf donne l’exemple d’un patron se plaignant des ventes, plainte rapidement comprise comme “insuffisance des ventes”, tant il est courant d’entendre cela. En réalité le patron se plaignait de l’inverse, à savoir une explosion des ventes auxquelles l’entreprise peine à faire face.

Entity Existence

L'affirmation ou l'hypothèse doit être raisonnablement acceptée par ceux qui la reçoive. Un phénomène impossible sera rejeté : le soleil tourne autour de la terre. Une évidence sera validée : le gazon est généralement vert. Un fait admis sera également validé : nous vivions une crise économique en 2008-2009. Entity Existence est plutôt évoqué dans le périmètre étudié et la réalité du phénomène est à replacer dans ce contexte : ce phénomène existe-t'il dans la réalité ?

Causality Existence

La relation entre cause et effet existe-t'elle réellement ? La cause entraine-t'elle bien l'effet ? L'effet est-il conséquence de la cause ?

Ce premier niveau de contrôle (existence de l’entité, de la causalité et clarté) est élémentaire, mais il est conseillé de ne pas le négliger, d’autant que la réponse par l’affirmative à ces trois CLR permet de ne pas tester plus avant. Si ces trois prérequis ne sont pas validés, un second niveau de contrôle met en jeu d’autres CLR :

Cause Insufficiency

La cause insuffisante (Insufficient Cause) suggère que l'entité proposée est insuffisante pour produire à elle seule l'effet. On cherche donc une cause additionnelle liée à la première par l’opérateur logique ET qui précise la nécessité de concomitance des deux causes pour produire l’effet.

Addtionnal Cause

La cause additionnelle vérifie qu’une autre n’est pas susceptible de produire le même effet. Cette cause additionnelle peut être indépendante, égale ou supérieure en termes de déclenchement de l’effet. Si la cause était supprimée, l’effet persisterait-il ?

Cause-Effect Reversal

L’inversion cause-effet, qui comme son nom l’indique consiste à confondre la cause avec l’effet, de prendre l’un pour l’autre. Exemple : la maison brûle (effet) car de la fumée sort des fenêtres (cause). En réalité la fumée sort des fenêtres (effet) car la maison brûle (cause).

Predicted Effect

L'effet prédit (Predicted Effect) teste l’existence de la cause par la prédiction d’un autre effet que cette cause doit induire.

A propos de l’effet prédit, la logique utilisée est appelée effet-cause-effet; à partir d’un effet donné, on pose l’hypothèse de sa cause. Pour valider l’existence de celle-ci, on prédit un autre effet que cette même cause doit induire. Si cet effet prédit existe bien, la cause est validée, sinon, l’hypothèse est invalidée et la cause hypothétique remise en question ou rejetée.

Tautology

La tautologie (répétition ou logique circulaire) ; la maison brûle (effet) car le bâtiment est en flammes (cause).


Excès de réserves

Si les CLR sont trop nombreuses pour une même entité ou une relation entre entités (quatre semble être une limite raisonnable), deux cas possibles :

  • les CLR sont de niveaux différents et il faut réorganiser leur hiérarchisation
  • on exprime des évidences triviales qui alourdissent inutilement le processus de réserve, par exemple : pour que les ventes produisent les revenus escomptés il faut des offres concurrentielles et des clients prêts à les acheter, les clients peuvent être omis comme condition nécessaire évidente de la réalisation des ventes.

Doser le contrôle

Le mécanisme de contrôle par les CLR peut être fastidieux, long et décourageant. Les contrôles sont d’autant plus nécessaire que le(s) risque(s) identifié(s) sont importants. Paradoxalement, lorsque les parties prenantes sont relativement alignées sur l’analyse du problèmes et ses causes il est recommandé de les passer au crible des CLR. En effet, un accord dès le début ou trop rapide est éventuellement un signe de ralliement à une opinion sans que le sens critique ait été suffisamment utilisé.

Inversement, s’il existe des oppositions ou des divergences fortes quant à l’analyse du problème et ses causes, l’utilisation rigoureuse des CLR permettra de clarifier le débat et de rallier les parties à ce que la raison commande.

Le contrôle pourra être moins intense si les parties ne sont dans aucune des situations extrêmes citées précédemment ; consensus d’emblée ou opposition farouche. Dans un tel cas, les parties prenantes émettront davantage d’hypothèses et les discuteront, réalisant spontanément une bonne partie du travail de vérification.


Bénéfices additionnels des CLR

A force de pratiquer les CLR, la réflexion va s’améliorer ; usage d’expressions plus spécifiques, précisions des termes employés, détection et élimination des ambiguïtés possibles, etc. En corollaire, l’écoute, le questionnement et la communication vont s’améliorer. Bien entendu, avec la pratique l’usage des CLR deviendra de plus en plus facile, naturel et les autres outils TP gagneront en robustesse et pertinence.


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Mise à jour le Lundi, 08 Février 2016 16:38