Christian HOHMANN

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Accueil Usine du futur - Industrie 4.0 Reportage TV allemande sur Industrie 4 0

Reportage TV allemande sur Industrie 4 0

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La vidéo ci-dessous est un reportage de 44 minutes très bien documenté et de grande qualité, comme les chaines publiques allemandes savent les produire, sur le concept Industrie 4.0

Y sont détaillés non seulement les promesses technologiques et les avantages et bénéfices que l'on peut en attendre, mais également les répercussions sociales et sociétales probables, notamment l'impact sur le travail, la notion même de travail, d'humanité, etc.

Le reportage est en langue allemande. Je fournis les time codes et le résumé des différentes séquences ci-après.

(2:14) Les nouveaux systèmes sont capables de suppléer aux déficits des capabilités humaines telles que l’odorat, qui trouvent un intérêt auprès de l’industrie agroalimentaire par exemple

(2:50) Les entrepreneurs chinois / asiatiques sont très intéressés par le concept et les travaux européens en la matière. Le présentateur prévient son auditoire : il faut embrasser la 4ème révolution industrielle ou risquer de disparaître, il vaut mieux le faire par choix délibéré de suite que sous la contrainte plus tard.

(4:00) L’industrialisation a conduit à la croissance, en commençant par l’énergie hydraulique et la vapeur autorisent la production industrielle de biens de consommation. Le charbon et l’acier sont les pierres angulaires de la première révolution industrielle.

(4:16) L’électricité se substitue à l’énergie hydraulique et à la vapeur et amène la production à un nouveau niveau, de nouvelles usines voient le jour, des emplois sont créés. La seconde révolution industrielle amène le travail à la chaîne et la production de masse.

(4:32) Les années 1980 et l’exploitation des données par les ordinateurs marquent la troisième révolution industrielle. L’humain comme facteur de production est de plus en plus souvent remis en question.

(4:50) Voici la quatrième révolution. (5:30) Retour aux visiteurs asiatiques (les chinois de Foxconn) curieux de comprendre ce qui se passe en Europe.

(5:58) Exemple d’application: Dans tous les immeubles de grande hauteur il y a des ascenseurs qui nécessitent une maintenance constante, périodique et indépendante de l’utilisation réelle (maintenance planifiée). Avec l’application des concepts industrie 4.0 les 3.000 personnes employées à ces maintenances périodiques pourraient se limiter à une centaine, car les ascenseurs et certains de leurs composants signaleraient d’eux-mêmes à une centrale de collecte de données un besoin d’intervention. Une approche en rupture totale de la fonction maintenance.

(6:45) Pour l’heure 400.000 employées assurent les assemblages de téléphones mobiles chez Foxconn, mais durant les échanges (de ce déjeuner) les dirigeants chinois indiquent que 300.000 d’entre eux seront remplacés par des robots.

(6:55) Dans la très chic station de Davos où se tient le forum annuel (World Economic Forum) en janvier 2016 se discutait pour la première fois la perte de millions d’emplois dans les années à venir du fait de changements sans précédents, apportés par Industrie 4.0, les robots, la digitalisation, l’Internet des objets. La question est : qui seront les gagnants et qui seront les perdants de cette 4ème révolution industrielle ?

(7:46) Il y aura également des perdants au sein de l’industrie bancaire et dans le business des investisseurs (à Manhattan). Selon la devise de Bill Gates “le métier de banquier est nécessaire, pas la banque” (‘Banking is necessary, banks are not’), de jeunes entrepreneurs proposent de nouvelles technologies de substitution basées sur Internet, préfigurant comment les intermédiaires bancaires bien établis pourraient être remplacés.

(8:06) Selon une étude d’une filiale de la Deutsche Bank à Wall Street sur l’avenir du travail, prévoit une crise de l’emploi d’une ampleur jamais connue jusqu’à présent, car pour la première fois il y aurait davantage de destruction d’emplois que de créations. A résultats identiques il faut de moins en moins d’employés. Une transformation aux répercussions profondes sur l’économie et la société. La filiale en question ne souhaite pas s’exprimer sur les conséquences en interne.

(8:42) Idem chez Volkswagen à Wolfsburg (Allemagne), la stratégie RH peut cependant se percevoir sur la base de rapports de la DRH. Dans les 20 ans à venir la plupart des 45-50 ans quitteront l’entreprise, c’est un nombre important de personnes chez VW, qui ne devront pas nécessairement être remplacés. Une partie pourra être remplacée par l’automatisation.

Le coût de main d’oeuvre horaire est d’environ 40 euros, les robots coûtent 3 à 6 euros de l’heure. C'est un avantage sur les coûts que VW compte exploiter.

(9:30) La silhouette d’un ouvrier comme symbole du travail dans le centre de la finance à Francfort. Dans les bureaux des grands immeubles autour on réfléchit à quels emplois n’existeront plus dans le futur. La conclusion d’une agence est que 59% de tous les emplois allemands sont menacés.

(9:58) De quels genres d’emplois s’agit-il ? Les emplois faiblement qualifiés, les manoeuvres mais également des emplois qualifiés qui peuvent être automatisés. Ce sont environ 18 millions d’emplois qui sont menacés par la digitalisation et l’automatisation. (10:45) C’est un avertissement que Industrie 4.0 n’amènera pas que des avantages.

Christian HOHMANN

(11:20) Chez Weidmüller (une PME), avant même Industrie 4.0 nous avons automatisé toute tâche automatisable et de ce fait une part croissante des activités manuelles disparaît. Cette tendance s'accélère avec Industrie 4.0. (12:14) Les machines, chez Weidmüller, seront connectées aux bourses qui déterminent le prix de l’énergie et elles choisiront elles-mêmes le meilleur moment de lancer la production, quand le prix de l’électricité sera favorable. (12:20) La vidéo institutionnelle de Weidmüller montre comment robots et machines seront coordonnés. La vision de la fabrication du future est celle d’une interconnexion avec les clients et fournisseurs, avec un idéal de produit personnalisé livré après une prise en charge complètement automatique du bon de commande à l’expédition.

(13:20) La startup Magazino travaille sur le premier entrepôt intelligent et autonome du monde. Elle est financée par de grands groupes tels que SIEMENS qui souhaitent se doter d’entrepôts dans lesquels des robots décident par eux-mêmes quelles pièces doivent être déplacées et d’où à où. Par exemple un ours en peluche peut se présenter de multiples façons dans son compartiment et il ne disposent pas d’étiquette code-barre ou autre identifiant. Si l’on éduque un robot comment prendre un tel objet, il peut partager cette connaissance avec les autres robots. Nous réalisons ce qu’il est possible de reconnaître avec les caméras vidéos. Nous avons commencé avec la préhension de livres, maintenant ce sont des ours en peluche, des boîtes de chaussures... Tout s’améliore : la reconnaissance d’images, les algorithmes, je ne vois pas encore de limites.

(14:30) Dans le port de Hambourg Altenwerder on ne voit plus guère d’humains, mais on peut voir ce que la digitalisation permet de réaliser en matière de transport et répartition de marchandises. Des remorques autonomes prennent en charge le transport des conteneurs de plus de 30 tonnes, à toute heures et par tout temps jusqu’à leur destination.

(15:00-15:45) Ministère fédéral du travail Berlin (15:45) Les “click-travailleurs” de Crowdguru (17:18) Les entrepreneurs de San Fransisco qui veulent changer le monde.

(19:44) l’age de l’information. Dans 10 ans 1/3 des grandes entreprises globales n’existeront plus. La prédiction livrée par Joe Schoendorf est que dans l’industrie automobile il y aura plus de destruction d’emplois que dans n’importe quelle autre industrie. Ne vous moquez pas de Tesla. Ce que les ingénieurs font là-bas est très important.

(20:45) Tesla a d’abord été ignoré puis tourné en ridicule par les acteurs de l’industrie automobile qui restent sur les business models anciens et n’hésitent pas à falsifier les résultats des tests d'émissions polluantes, Tesla construit la voiture électrique du futur.

(21:25) Nulle part ailleurs qu’au Japon le monde du travail s’est transformé à ce point. Autrefois c'était une question d’honneur que de garantir aux employés un emploi à vie. Ce type de relations tend à disparaître de plus en plus. Mais pour les gens cela reste un point d’honneur que d’avoir un emploi, raison pour laquelle ils se plient aux contraintes. Les japonais passent le plus clair de leur journée au poste de travail, renoncent aux vacances et travaillent même lorsqu’ils sont malades. “Karochi” est le terme désignant le décès par surmenage.

(22:00) Dans de nombreuses entreprises japonaises, les robots sont déjà les “supérieurs hiérarchiques” des humains, auxquels il ne reste que les manutentions qui ne peuvent pas (encore) être mécanisées. Industrie 4.0 est pour les japonais un concept marketing de leurs concurrents allemands et européens. Au Japon il existe un concept similaire appelé e-factory, depuis 2003.

(22:55) Parmi les problèmes à régler, aussi bien au Japon qu’en Allemagne se trouve la question de la propriété des données, à qui appartiennent-elles ?

(23:10) La Ruhr a été le coeur industriel du pays. En quelques décennies, elle a perdue ce statut. Pas uniquement les halls de montage d’Opel, où travaillaient 20.000 personnes, puis 10.000, puis 5.000 jusqu’au licenciement des 3.5000 derniers, se sont transformées en coquilles vides. Industrie 4.0 est un nouveau défi pour la Ruhr qui cherche à se restructurer depuis des décennies. Le bassin se pose en candidat pour les nouvelles technologies.

(24:00) Cyberdyne développe des machines dotée d’intelligence artificielle. Le robot d'entraînement de Jana (hémiplégique suite à un accident d’équitation) capte les ondes cérébrales et aide les mouvements qu’elle ne peut exécuter avec ses propres forces. Mais ces applications ne se limitent pas au domaine médical, mais peuvent être appliqués aux exosquelettes pour soulager les humains dont les tâches pénibles ne peuvent pas encore être prises en charge par des robots et améliorer leur productivité.

(25:30-27:00) (Statistiques sur les emplois et le temps de travail) (27:00) Une fois l’an se réunissent à Berlin les “nomades digitaux” (DNX) qui ont pris le parti de la liberté, de la flexibilité, de l’accomplissement par rapport à la grosse voiture, la belle maison et les postes définis et les statuts associés traditionnels. Avec Internet il est devenu possible de matérialiser ses idées et de gagner de l’argent avec des coûts fixes faibles. 

(30:10) Les robots les plus développés d’Europe sont fabriqués par Aldebaran à Paris. (interview en français).

(31:45) Les robots humanoïdes du Pr Ishiguro (33:55) Industrie 4.0 et les partis politiques allemands et européens (38:20) Le rôle possible de l’Allemagne, pas de firmes allemandes au sein des GAFA & Co, la culture entreprenariale et fail fast de la silicon valey. (40:25) “Arbeit 4.0” (en opposition à Industrie 4.0) étude du ministère fédéral du travail.

(41:30) La fin du travail comme continuum, le revenue de base universel de 800€. A quoi ressemblera la société de demain avec 1/3 de la population tirant revenu du travail ?


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Mise à jour le Vendredi, 23 Décembre 2016 18:47