Christian HOHMANN

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Start-up, une définition (version 2020)

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Après le “hype” autour des startups qui a utilisé ce qualificatif souvent et probablement pas toujours à propos, je reviens en ce mois de janvier 2020 sur une définition de la start-up.

Le mythe startup

Le mot "startup" (ou start-up) a souvent été utilisé pour désigner une entreprise qui démarre et/ou "entreprise technologique", en combinant les deux : entreprise qui démarre sur fond de ou grâce à la technologie.

Sur la base de l’exemple des pionniers, c’est également construite une image d’entreprise décontractée, dans laquelle les codes vestimentaires traditionnels n’ont pas cours. On y vient en jeans-baskets et sweats à capuches, pour se vautrer dans les divans aux couleurs acidulées, ordinateur portable sur le ventre. Et il faut y trouver un baby-foot, objet emblématique de la startup.

Le portrait-robot 2020

Les poussières du hype étant quelque peu retombées et en croisant différentes sources, le portrait-robot d’une start-up (vision 2020) pourrait être le suivant :

  • Entreprise jeune, en phase de lancement dont le but est la croissance rapide, exponentielle
  • Innovante
  • Issue du numérique ou des nouvelles technologies, mais pas obligatoirement
  • Disposant d’un fort potentiel de croissance, à condition de conclure sur ses explorations et expérimentations
  • Qui nécessite des fonds
  • Pas immédiatement rentable
  • Organisation temporaire pour l’expérimentation, le temps de trouver le business model

La recherche de croissance rapide

La caractéristique distinctive des startups, comparativement aux autres nouvelles entreprises est la recherche de croissance rapide. Pour avoir oeuvré dans des entreprises de 100 ans et plus qui présentaient certaines caractéristiques des “startups version hype”, cette distinction bienvenue permet de déciller les managers conservateurs un peu trop fiers du rhabillage tendance de leur vénérable entreprise.

Non, la salle de pause avec baby-foot et les fauteuils colorés ne suffisent pas à insuffler la dynamique startup à une entreprise vénérable.

La sandwicherie ou l'échoppe de tatoueur qui viennent d’ouvrir au coin de la rue sont de jeunes entreprises, mais leur but n’est pas une croissance exponentielle ni de répliquer le modèle original à grande échelle (scaling). Encore que ce point pourrait se discuter dans le cas de franchises...

Le potentiel de croissance

Un autre trait distinctif des startup est son potentiel de croissance en attaquant un marché global, et non pas un marché local. Un service proposé via une app peut s’attaquer au monde entier, la sandwicherie ou le tatoueur restent, de par la nature de leur proposition de valeur, sur un marché de proximité.

L’innovation

Fonder une entreprise sur une offre existante ou similaire à une offre existante et en espérer une croissance hyper-rapide est illusoire. Pour capter l’attention et croître rapidement, il faut proposer quelque chose qui se démarque de l’existant. Les 30 éléments de valeur, titre éponyme de l’article de Harvard Business Review, sont autant de pistes pour proposer de nouvelles offres ou des compléments à des offres existantes.

La technologie numérique

En parcourant les 30 exemples d’éléments de valeur, on s'aperçoit que sans les outils numériques la plupart de ces éléments de valeur seraient difficile à proposer tout court ou de manière économiquement viable et soutenable.

Les offres dématérialisées, sur base d’outils numériques sont plus facilement scalables et peuvent attaquer d’emblée le marché mondial.

Une expérimentation

La startup n'est pas encore réellement une entreprise au sens classique du terme, dans la mesure où beaucoup de choses restent à finaliser, comme par exemple la définition de son marché, de son offre, son modèle économique ou encore son organisation.

Une des caractéristiques de la start-up est de chercher son business model. Pour mémoire, un business model décrit comment l’entreprise crée, délivre de la valeur à ses clients et comment elle en récupère les bénéfices. Ce n’est pas un business plan.

La startup est créée sur la base d’une hypothèse ; l’idée brillante peut trouver son marché et croître rapidement. C’est ce qu’il faut confirmer par les tests et l’expérimentation.

La diffusion des méthodes agiles dans le développement logiciel a très certainement inspiré les itérations et l’apprentissage par l’erreur, mieux et plus vite que n’avait réussi à le faire le principe du PDCA chère au Lean et approches méthodologiques précédentes. Un changement radical de l’offre ou de l’approche marché est un “pivot”, au sens littéral de pivoter, de changer brusquement de direction.

L’échec est présenté comme une source d’information et d’apprentissage, de quoi décomplexer les cultures peu tolérantes aux échecs et de fait plus conservatrices. Cependant la vertu des échecs à répétition trouve ses limites dans la patience et les fonds mis à disposition par les investisseurs.

Lorsque la startup est réellement innovante, elle est pionnière et de nombreuses inconnues demeurent quant aux paramètres cités précédemment. La startup doit alors passer par des phases d’expérimentations, de validation ou de remise en cause des hypothèses de départ.

La startup cesse d’être une startup soit parce qu’elle meurt soit parce qu’elle se transforme en entreprise classique en ayant trouvé son marché avec une offre, un plan et une organisation viable.

Start-up est donc un état transitoire. En principe.



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Mise à jour le Mardi, 21 Janvier 2020 17:32  

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