Christian HOHMANN

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Définir les zones colorées d’une Fever Chart

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C’est une question légitime que toute personne découvrant l’indicateur graphique du Management de Projets par la Chaîne Critique se pose probablement et que la littérature ne développe guère : comment définit-on les zones Verte, Orange et Rouge d’une Fever Chart ?

Avant tout précisons qu’il n’y a aucun fondement mathématique ou statistique pour fixer les aires des différentes zones. Il n’y a pas même d’unicité de représentation en matière de Fever Chart, mais plutôt un standard de fait.

Rappel sur l’intérêt des zones de couleur

Pour comprendre l’intérêt des zones de couleur, projetons-nous dans le rôle d’un chef de projet avec un portefeuille d’au moins une dizaine de projets.

L’approche traditionnelle par la méthode du chemin critique (CPM pour Critical Path Method) met l'emphase sur la tenue des dates d’achèvement des différentes tâches et le passage de jalons. Les aléas et fluctuations statistiques, ainsi que les erreurs d’estimation de tâches inédites sont en principe couverts par les marges de sécurité prises au niveau des exécutants, avec un supplément couramment rajouté par les chefs de projets.

Malgré toutes ces marges, les dates sont rarement tenues et si elles le sont, la ponctualité et l’avance ne profitent jamais au projet dans son ensemble.

Les causes de ses mécanismes pervers ont été identifiées et la réponse à ces problèmes est l’approche par la chaîne critique et des bonnes pratiques en termes d’exécution.

Avec l’emphase sur les dates, le chef de projet doit suivre l’ensemble des activités pour vérifier l’avancement de l’ensemble des projets. Ceci représente une charge de travail conséquente et une source d’anxiété importante.

L’approche chaîne critique et l’usage de la Fever Chart permet de gérer par exception. Le chef de projet peut se contenter de surveiller les projets dans la zone orange de la Fever Chart, zone qui sert d’alerte avancée, et prendre des décisions au sujet des projets dans la zone rouge. Ceux-ci sont potentiellement en train de dériver au point que l’achèvement ponctuel risque de ne plus être possible.

On comprend aisément que dans un système où le Management de Projets par la Chaîne Critique est en place, le suivi des projets dans le vert peut être “ignoré” car ces projets disposent de réserve de tampon. L’attention du chef de projet n’est plus requise alors que sur une fraction du portefeuille projets. Cela représente un gain de temps et de confort (moins de stress) très important.

Dimensionner les zones Verte, Orange et Rouge

Dimensionner les zones Verte, Orange et Rouge revient à définir les coordonnées de 4 points A, B,C et D qui forment les limites de la zone Orange et définissent les frontières avec les zones adjacentes Verte et Rouge.

Les logiciels ou plug-in Management de Projets par la Chaîne Critique proposent en général une Fever Chart par défaut et celle-ci peut être personnalisée, notamment en définissant les les coordonnées des 4 points A, B,C et D.

S’il n’y a pas de calculs à faire, il y a cependant des recommandations de bon sens et celles issues de l’expérience qui peuvent aider les chefs de projets débutant en Management de Projets par la Chaîne Critique.

La zone verte ne devrait pas démarrer à (0,0) ni à (x>0,0) car cela indiquerait un retard avant même d’avoir commencé. C’est peu utile d’un point de vue pratique et ajoute inutilement du “bruit” à l’analyse visuelle que doit faire le chef de projet.

Lorsque les bonnes pratiques en matière de Management de Projets par la Chaîne Critique sont en place, les projets démarrent en complet-conforme et sont ordonnancés par rapport à la capacité de la ressource goulot (staggering). La probabilité que quelque chose dérappe dès le démarrage est faible mais non nulle. De ce fait, fixer le point A aux coordonnées (0,10) ou (0,15) semble raisonnable.

Le point C correspond à la frontière Vert-Orange en début de projet et fixe la largeur du “couloir” orange à l’origine. Rappelons que la bande ou le parallélépipède orange représente la zone de vigilance. Les points qui vont y pénétrer doivent alerter précocement le chef de projet sur une dérive potentiellement risquée des achèvements de tâches.

Du fait des conditions supposées favorables des débuts de projets mentionnées précédemment ; ordonnancement, complet-conforme, etc. un retard conséquent dans les phases de démarrage doit alerter le chef de projet. Pour cela, le couloir orange devrait être relativement étroit au début. L’expérience confirme que l’écart d’une dizaine de pourcent par rapport au point A joue convenablement ce rôle, soit C (0,25).

Pour le reste de la zone orange, il s’agit de trouver un compromis qui reflète le niveau de confiance dans les capacités de rattrapage des exécutant d’une part et d’autre part le niveau de risque acceptable.

Si la zone orange reste trop étroite elle ne joue pas correctement son rôle d’alerte avancée car toute pénétration dans le tampon fait passer le point dans le rouge et donc en gestion de crise. Si la zone orange est trop large, le rattrapage des dérives peut être impossible du fait de l’illusion qu’il reste suffisamment de tampon pour l’absorber.

La forme trapézoïdale oblique souvent retenue (ce n’est pas une obligation) indique la volonté de vigilance dans les phases précoces du projet, lorsque les probabilités d’aléas sont nombreuses pour un nombre encore important de tâches à réaliser.

Ces opportunités, au sens statistique du terme, diminuent à mesure que le projet progresse vers sa fin. Par voie de conséquence, la zone orange peut s’ouvrir sans que la ponctualité de l’achèvement du projet soit menacée.

La zone rouge se définit d’une part par la limite de la zone orange au point C et sa limite au point D doit refléter l'agressivité recherchée quant à un achèvement anticipé. Un objectif raisonnable paraît être de l’ordre de 85%, ce qui place le point D à (100,85).

Rappelons qu’un projet qui s’achève à temps avec un tampon intégralement consommé finit aux point (100,100) et que le rôle du tampon est d’être consommé. Si les projets s’achèvent majoritairement avant la consommation intégrale du tampon, on pourra revoir son dimensionnement à la baisse. Mais ceci relève de l’étape suivante, qui est l’amélioration continue.


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Mise à jour le Dimanche, 23 Juillet 2017 11:43  

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