Christian HOHMANN

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La devise de la ToC

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L’optimum global n’est pas égal à la somme des optima locaux

La devise de la Théorie des Contraintes (ToC) est une mnémotechnique très utile pour rappeler la nécessité d’une approche systémique et la subordination des ressources ayant des excès de capacité à la ressource goulot.

Rappels

La contrainte est une ressource qui limite la performance du système (processus, entreprise, organisation…). Si l’on considère les analogies hydrauliques (tuyaux ou réservoirs) qui expliquent la notion de goulot, on comprend très bien que :

  • le débit du goulot limite le débit du système tout entier
  • optimiser le débit d’une ressource autre que le goulot ne sert à rien

A ce titre, la ressource goulot forme le maillon faible de la chaine sur lequel il faut concentrer toutes les attentions, car la « performance » d’une chaine est celle de son maillon le plus faible.

Or une pratique courante dans les entreprises consiste à chercher la performance optimale de chaque service (les différents maillons), indépendamment des autres, en postulant que si l’on améliore localement, on améliore globalement.

Ceci serait vrai s’il n’existait aucune interaction entre les services. Dans la réalité, les actions entreprises dans un service ou les décisions qui y sont prises ont des conséquences au-delà du périmètre de ce seul service.

Pour s’en convaincre, il suffit de prendre des exemples classiques d’objectifs assignés :

  • Le service Achats est objectivé sur les économies réalisées en négociant des prix les plus faibles
  • Le service Production est objectivé sur son rendement
  • Les Approvisionnements doivent commander au plus tard sans mettre la production à l’arrêt
  • La Logistique se doit de tenir les stocks les plus faibles tout en garantissant aux clients des taux de services élevés
  • Etc.

Or le prix d’achat le plus faible va être consenti en échange de quantités commandées plus importantes ou de qualité inférieure. Ce qui est favorable au service Achats, ne l’est généralement pas à la gestion des stocks de matières premières et fournitures, ni à la production.

Si la production travaille au maximum de ses capacités, indépendamment de toute autre considération, les stocks de produits finis risquent fort d’augmenter, tout comme les risques d’obsolescence des produits (qui seront invendables). Les dépenses pour payer les matières seront engagées longtemps avant que les clients paient les produits finis. La bonne utilisation des moyens de production risque de coûter cher en besoin de fond de roulement (financement des dépenses en attendant les revenus des ventes).

Les services (maillons de la chaine) étant jugés à l’aune de leurs objectifs et indicateurs respectifs, chacun travaille pour son intérêt propre. Etant donné que la plupart de ces objectifs sont incompatibles entre eux, le paradoxe apparent de l’optimisation locale est la dégradation de la performance globale.

Inversement, pour améliorer la performance globale, il est souvent nécessaire de dégrader volontairement une performance locale, ou si l’on reformule : il est souvent nécessaire de subordonner des performances locales à celle de la ressource contrainte.



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Mise à jour le Samedi, 09 Décembre 2017 15:33  

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