Christian HOHMANN

Depuis 1998

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A propos du but

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Le terme "but" fréquemment employé dans le contexte de la Théorie des Contraintes (ToC) et dont le roman éponyme a popularisé les concepts, est synonyme de "finalité" ou "raison d'être". La ToC, initialement centrée sur le monde productif, manufacturier, a défini de manière générique le but de toute organisation comme étant de "faire de l'argent, maintenant et dans le futur".


Ne faire que de l'argent ?

Comme toute définition très concise, celle-ci souffre de l'aspect réducteur et des interprétations possibles. L'argent dont il est question devrait être compris au sens de "valeur". Le but d'un système est de créer de la valeur, comme par exemple :

  • système productif : produire des biens auxquels les clients attribueront une valeur (d'estime, d'échange ou d'usage), dont les ventes génèreront un bénéfice qui doit rémunérer les parties prenantes. Cette rémunération, vue des parties prenante représente une génération de valeur.
  • société de services : même raisonnement en substituant les prestations de services aux biens tangibles, comme par exemple recourir à une société de nettoyage, dont la prestation représente une valeur aux yeux des clients (qui ainsi ne sont pas astreints à nettoyer eux-mêmes) ou un autre type de prestations que les clients ne peuvent ou ne veulent faire eux-mêmes.
  • établissement de soin, hôpital, etc. : procurer un accès à des soins, des médications, prendre en charge la souffrance. Une contrainte peut limiter le nombre de patients admissibles par exemple ou limiter le type de pathologies prises en compte. La ToC peut aider à améliorer la performance de ce système comme soigner davantage de patients sans que cela génère du profit lucratif.
  • association ou organisation caritative ou à but non lucratif : valeurs morales non pécuniaires telles que la compassion, l'entraide, etc.


Maintenant et dans le futur

Derrière ces quelques mots se cache l'idée de pérennité, de constance. La performance n'est pas un épiphénomène, une question de chance ou le résultat d'un "coup", mais bien la conséquence d'un système construit, cohérent, géré en fonction de sa finalité et suffisamment robuste pour délivrer durablement un niveau de performance.

Faire plus d'argent ?

Faut-il faire "plus d'argent", faut-il systématiquement améliorer les performances ?

La réponse à cette question appartient aux individus "propriétaires" du système. Les actionnaires d'une société commerciale aimeraient-ils faire plus d'argent ? Probablement. Est-ce contestable ? Est-ce immoral ? Pas sûr. Les profits permettent de réinvestir, de maintenir le système en état de fonctionner et donc de pérenniser voire développer l'activité. Les dividendes rémunèrent la prise de risque. Sans ces retours sur investissement, les sources de financement tariraient et l'activité devrait cesser.

Les autorités de tutelle des établissements de soins seraient-elles opposées à l'amélioration de la prise en charge des patients sans que cela ne sollicitent d'investissements importants supplémentaires ? Probablement pas. Tout comme les contribuables ne seront pas opposés à une utilisation plus efficiente de leurs impôts.

L'expression "faire plus" indique le dépassement des limites initiales plus qu'une course effrénée à l'accumulation de richesses.

Au profit de qui ?

Le bénéfice, comme mentionné plus haut, doit profiter aux parties prenantes. Qui sont les parties prenantes ?

Dans une entreprise à but lucratif il y a trois parties prenantes principales :

  1. les clients, dont la satisfaction garantie les revenus et leur récurrence
  2. les créanciers ; banques, organismes de crédits, fournisseurs, actionnaires, propriétaires, qui ont financé une partie de l'activité en faisant confiance à la capacité du système de rembourser ses dettes et (hormis pour les fournisseurs) rémunérer la prise de risque
  3. les employés sans les compétences et la motivation desquels l'activité n'est pas possible.

Dans le cas d'autres organismes à but non lucratif, remplacez "clients" par "bénéficiaires" et conservez les deux autres parties prenantes.


Goal Units, pour réconcilier tous les buts

Les débats autour de la "nature du but" ont conduit les praticiens à utiliser le terme générique de "Goal Units" pour qualifier les unités que le système délivre, laissant à chacun le loisir de définir lui-même la nature de ces unités en fonction du But de son organisation.

"Goal Units" est donc utilisé chaque fois que l'unité est incertaine ou que l'application doit rester générique car applicables à de nombreux et divers cas d'emplois.

Il est donc courant de lire que le système sera à même de délivrer plus de goal units grâce à la mise en oeuvre de la ToC.


Mise à jour le Lundi, 18 Juillet 2016 08:20  

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